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Francfort, Allemagne

La diversité fait bouger Francfort

La ville de Francfort-sur-le-Main

December 4, 2012

Prendre l'autoroute virtuelle pour consulter le public à propos de l'intégration

indexÀ Francfort, ce ne sont pas que les affaires qui profitent de l’intégration des migrants ; tout le monde y gagne. Celle qui est reconnue globalement comme « la ville de l’euro » n’aurait pas établi sa bonne réputation par le seul moyen de l’équilibre budgétaire. Francfort a joué un rôle moteur dans le développement et l’instauration des premières politiques d’intégration allemandes.

En 2009, lorsque la ville a décidé d’examiner ses politiques datant de plus de 20 ans, elle a fait usage, là aussi, de méthodes prospectives. On a lancé la campagne « La diversité fait bouger Francfort (Vielfait bewegt Frankfurt) » pour recueillir les avis de ses citoyens au sujet de l’intégration. Convaincue que « toute idée a droit à la chance », la campagne a mis l’emphase sur la participation, en s’ouvrant, pour ce faire, à la grande variété d’avis évidente dans toute démocratie saine et essentielle, en ce qui concerne la ville, à une vision commune de l’avenir. La campagne s’est dotée d’un processus de participation communautaire dont l’envergure était sans précédent.

Avant la fin de la consultation, plus de 47 000 individus y ont participé, ce qui faisait un échantillon bien représentatif de la société de Francfort. Par la suite, l’intégration pouvait se concevoir d’une manière plus globale dans le débat public, conformément à une diversité encore plus grande que ce que l’on avait pensé.

Une ville se transforme

La ville de Francfort a été, pendant les années 80, la première en Allemagne à prendre l’intégration de migrants au sérieux. En 1989, on a commencé avec le Ministère des affaires multiculturelles (Amt für multikulturelle Angelegenheiten, AMKA), le seul de son genre dans tout le pays. Au départ sujettes à des controverses, les initiatives d’intégration telles que « Maman apprend l’allemand – Papa aussi (Mama lernt Deutsch – Papa auch) » sont aujourd’hui considérées tout à fait exemplaires aux niveaux national et international.

L’approche de Francfort s’est avérée, dans ce temps-là, un modèle de réussite. Toutefois, vers la fin de 2009, on a dû constater que, depuis lors, la diversité s’était fortement accrue : les migrants ne venaient plus majoritairement de la Turquie ou de l’Italie mais de quelques 170 pays différents, pour rejoindre une population migrante ici de 670 000 individus (soit 37 % de la population générale).

De l’avis de Dr. Nargess Eskandari-Grünberg, chef du ministère d’intégration et conseiller municipal, il était temps de reconcevoir les concepts d’intégration et de diversité et de ne plus considérer les « étrangers » comme les seuls à être impliqués par l’intégration.

« Nous habitons une ville, mais Francfort, c’est une ville sans murailles. Ce n’est pas à nous de décider qui y entre, » a dit Eskandari-Grünberg dans un discours. « Donc, nous ne devons pas nous reposer sur nos lauriers. Nous devons décider comment nous voulons vivre ensemble. »

Demander aux universitaires

À partir de 2009, sous les auspices de l’AmkA et la Commission d’intégration, on a demandé à deux universitaires distingués de fournir au débat public un plan détaillé. L’un des universitaires, Steven Vertovec, directeur de l’institut Max Planck, a utilisé l’expression « hyper-diversité » pour souligner comment, dans beaucoup de grandes villes, la population s’est vue transformée par les tendances de la « nouvelle migration ».

Parmi leurs conseils il faut noter le suivant : que l’intégration « doit prendre en compte les réalités et le potentiel particulier de Francfort en tant que métropole européenne de culture globale ». En d’autres mots, Francfort étant une ville de migration ainsi qu’un centre financier international devait établir entre les intéressés « un engagement renouvelé, une plus étroite collaboration, une meilleure coordination ».

« Ce sont comme deux planètes différentes, » dit Helga Nagel, chef de l’AmkA. « Il nous incombe de joindre ces deux sphères séparées. »

Je suis francfortois, parce que …

Le succès de la campagne a bien reposé sur la participation du public dont on a voulu recueillir les avis. Pour formuler la situation et pour motiver le public à y participer en plus grand nombre, on a eu recours au site web Vielfalt bewegt Frankfurt.

Sur le site se trouvaient des informations destinées au public ainsi que des documents de base, tels que cette étude de 236 pages. Mais il avait un objectif encore plus important : d’encourager ses utilisateurs à donner leur avis de diverses façons pendant la campagne. L’idée-clé : « L’intégration, c’est l’affaire de tous. » On les invitait donc à : poser des questions concernant le processus lui-même ; ajouter à la « carte de diversité » de Francfort des lieux ou des quartiers pertinents ; et s’enregistrer pour ensuite rédiger un profil personnel qui serait lié à tout ce qui était affiché sur le site.

Cette partie de la campagne – l’engagement en-ligne – s’est poursuivie en trois étapes, soit entre octobre 2009 et février 2010. Pour commencer, on a sollicité des vidéos ou des billets de blogue traitant du thème : « Je suis francfortois, parce que … ». Ensuite, on a demandé au public de répondre à cinq sondages, pour aider les responsables du projet à identifier les enjeux et les priorités majeures. Enfin, on s’est déclaré à la recherche de nouvelles idées, celles-là même que le processus aurait peut-être manquées. Toutes ensemble, les trois étapes se sont achevées en moins de six mois.

Pour vérifier que le projet ait bien marché, on s’est mobilisé aussi, comme dans le passé. Quelques étudiants venant de l’Université Goethe et de l’Université de Sciences appliquées ont pris la route ensemble, chacun armé d’un miniportable doté d’une connexion Internet ; ils se sont rendus à des bureaux gouvernementaux, des écoles, des institutions et des places de ville pour recueillir du public son avis sur le sujet. Y ont participé également des conseils locaux, des associations de citoyens et d’autres réseaux informels, lesquels ont, de leur part, approfondi la campagne en passant le mot dans de nombreux quartiers et secteurs de la ville. En tout, plus de 46 activités liées au projet – y compris une causerie en direct avec le Commissaire d’intégration– ont servi à animer les habitants de Francfort et leur ont permis de s’exprimer franchement.

La réussite

Suite à cette consultation sans précédent à l’échelle de toute la ville, Helga Nagel a remarqué que le noyau de la campagne, l’AmkA, s’était comporté « comme un véritable ministère multisectoriel. Ce qui a toujours été notre philosophie est maintenant une politique contraignante. »

En septembre 2010, le Conseil municipal de Francfort-sur-le-Main a adopté le nouveau concept d’intégration que l’AmkA avait développé et que le processus « La diversité fait bouger Francfort » avait rendu une expression authentique de la volonté de ses habitants.index

Making it Work for You:

  • Demander aux universitaires les plus distingués d'élaborer une étude de base au sujet de l'intégration.
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  • Veiller à ce qu'on prête attention au projet en y donnant suite avec des activités de sensibilisation en personne.

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Pour cette bonne idée, contacter:

Dr. Armin v.Ungern-Sternberg , Stadt Frankfurt am Main, Der Magistrat Dezernat XI – Integration
Lange Str. 25-27
Francfort-sur-le-Main , Allemagne,
60311
Tél : +4969 212 38765
v.ungern-sternberg@stadt-frankfurt.de
http://www.stadt-frankfurt.de/amka

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