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Fort Wayne, États-Unis

Porte d’entrée à Little Burma

The City of Fort Wayne

October 6, 2011

Les nouvelles villes-portes s'assurent que les nouvelles communautés comptent – et qu'elles soient comptées.

Dans quelle ville aux États-Unis se concentrent actuellement la plus forte population de réfugiés birmans ?

Peu surprenant s’il vous vient tout d’abord à l’esprit : New York, Miami, San Francisco ou Chicago.

Mais rappliquez-vous.

La réponse, la vraie, c’est Fort Wayne (Indianapolis), l’une des nouvelles villes-portes américaines.

Les villes-portes sont moins grandes, plutôt de taille moyenne ; les immigrants commencent à les regarder comme destinations de cible. Plus accueillantes parce que plus petites, quelquefois, cependant, il manque à ce genre de ville une infrastructure bien établie ou un nombre adéquat de services pour aider à l’intégration des immigrants dans la communauté.

La ville de Fort Wayne accueille depuis longtemps les immigrants. Toutefois, les besoins des nouveaux-venus birmans sont bien différents de ceux des communautés immigrantes fondatrices.

Beaucoup de Birmans arrivant à Fort Wayne ont dû fuir la persécution religieuse et politique. Souvent, ils ont passé des années dans des camps de réfugiés en Thaïlande, sans avoir accès à l’éducation ou à l’emploi. À leur arrivée, la majorité ne sait parler que très peu l’anglais et ne connaît absolument rien de la culture américaine.

La ville de Fort Wayne a vite pris conscience que d’autres mesures plus proactives et directives seraient nécessaires pour aider ces nouveaux-venus à s’y installer. Depuis, la ville a remporté là-dessus un succès exceptionnel grâce à une collaboration étroite avec le gouvernement fédéral et des organismes tiers ainsi qu’avec des agences locales ou nationales de caractère religieux servant les immigrants.

Welcome to Fort Wayne

La ville de Fort Wayne compte 250 000 résidents, dont presque 6 % sont nés à l’étranger. Bien que ceci ne soit que la moitié de la moyenne nationale, l’arrivée des Birmans a fait doubler ces chiffres pendant les années records de 2007 et 2008, sur fond de vifs débats nationaux concernant les lois d’immigration.

Fort Wayne n’ignore pas du tout la diversité. Surnommée « la ville des églises » depuis la fin du dix-neuvième siècle, alors que c’était le carrefour des croyances catholique, luthérienne et épiscopale, elle dispose aujourd’hui d’une culture fortement marquée par la tolérance religieuse et le dialogue interculturel. Des organismes religieux tels que les Catholic Charities offrent des services de réinstallation, et ils se mettent en concert avec d’autres agences communautaires pour assurer qu’on réponde suffisamment aux besoins.

La communauté de ces nouveaux-venus reflète bien la diversité religieuse qu’on trouve en Birmanie elle-même, dans ce cas un mélange de l’hindouisme, l’islamisme et le bouddhisme. Voir l’article du New York Times concernant le «boom des temples» à Fort Wayne.

La langue et la police

L’afflux des gens de langue birmane à Fort Wayne a eu pour résultat que les fonctionnaires municipaux ainsi que les bénévoles se sont sentis obligés de trouver des moyens pour aider les immigrants à mieux communiquer avec le personnel d’urgence. Par exemple, Rick Piatt, bénévole, anime une classe de huit adultes birmans qui, en apprenant l’anglais, jouent des scénarios relatifs aux policiers ou aux pompiers. Ainsi, ils apprennent l’importance que peut avoir un signalement pour rechercher soit un enfant s’il a disparu soit un malfaiteur si on a été la victime d’un délit.

Bien que la question de citoyenneté puisse expliquer pourquoi les immigrants birmans sont si peu nombreux à poser leur candidature auprès de la police, une autre raison n’est pas loin à chercher : leur méfiance bien fondée des autorités.

« Tout le monde a peur de la police en Birmanie, » selon Nyein Chan, directeur du programme de réinstallation pour les Catholic Charities. « Je leur dis que les salaires des policiers ici sont payés par les impôts des résidents. Donc, on ne doit pas hésiter à appeler la police au cas d’urgence. »

Nyein Chan, lui-même un réfugié, est arrivé à Fort Wayne au milieu des années 90. Aujourd’hui, il se trouve responsable des séances hebdomadaires d’orientation pour les nouveaux réfugiés. La plupart de ceux-ci, avant de quitter les camps, auront participé à une session préalable d’orientation d’une durée de trois jours qu’avait organisée le Département d’État américain. En arrivant à Fort Wayne, ils ont droit à des instructions supplémentaires au sujet de la santé, la citoyenneté, les services publics, l’éducation, l’emploi, les lois et autres aspects de leur nouvelle vie.

Au début de la séance, on regarde une vidéo en langue karène produite par le Département d’État. Alors, Nyein Chan explique, en langue birmane, ce qu’il faut faire pour commencer à bien vivre dans ce pays. Il parle des nécessités officielles, bureaucratiques : où on doit aller, à qui on doit demander, à quelle sorte de soutien on peut s’attendre. D’autres détails sont plus particuliers.

Par exemple, pour encourager ses clients, Nyein Chan leur rappelle que l’autosuffisance qu’ils atteignent bénéficiera indirectement ceux qui restent dans les camps de réfugiés. Si les gens d’une communauté s’adaptent bien, dit-il, les fonctionnaires d’immigration seront plus disposés à en accepter d’autres provenant du même groupe dans l’avenir.

Être compté face au même avenir

On a reconnu que la lancée de la campagne du recensement décennal des É.-U. en 2009 constituait une occasion privilégiée pour rendre Fort Wayne plus inclusif ainsi que durable sur le plan fiscal.

Le recensement de 2000 n’a enregistré que 18 000 Birmans faisant partie de la population entière des États-Unis, un chiffre bien inférieur à celui qui est généralement estimé.

De ce faible résultat on a dû conclure que la communauté birmane n’avait pas atteint le seuil de population requis pour recevoir de l’aide gouvernementale, y compris les formulaires et examens gouvernementaux en langue birmane, les services de traduction, même le droit de faire demande de bourses ou de subventions auprès des fondations ou du gouvernement.

Les données du recensement ne servent pas seulement à présenter un profil démographique. Elles servent aussi à déterminer la représentation politique (à travers les districts électoraux) et la répartition annuelle de plus de 300 milliards de dollars (É.-U.) à l’état, la région ou la tribu. Donner les chiffres précis sur les nouveaux-venus à la région peut augmenter les fonds que la ville reçoit des deux niveaux de gouvernement pour soutenir les programmes de base.

Être compté a aussi une valeur symbolique important. Prendre part au recensement serait une autre façon de se représenter et donc un bon indicateur de l’engagement civique des communautés de nouveaux-venus.

La ville de Fort Wayne a établi un comité de comptage complet (Complete Count Committee), lequel, en partenariat avec le Bureau du recensement américain, va essayer de stimuler la participation des communautés difficiles à compter (hard to count populations) telle que la communauté birmane.

La tâche principale du comité : encourager la participation en faisant voir combien la ville peut profiter d’un comptage complet et en même temps réduire la méfiance envers le gouvernement. Ces efforts se prolongent au-delà de la communauté birmane pour, plus généralement, appuyer la notion d’une citoyenneté active et d’un engagement civique accru.

Par exemple, Palermo Galindo, liaison municipale des communautes hispaniques et immigrantes, est co-président du comité de comptage complet. Il assure la liaison entre la communauté hispanique et le Bureau du recensement, faisant avec les agents de celui-ci une visite à chacune des églises de la région où on parle, pour la plupart, l’espagnol, avec l’intention d’expliquer le processus et de dire aux gens que le gouvernement n’abusera pas des données recueillies. Pour diffuser le message, il travaille aussi avec d’autres contacts dans les communautés minoritaires.

Dès le 1 mai 2010, Fort Wayne a réussi à convaincre tous les groupes — qu’ils soient éducatifs, médiatiques, commerciaux, religieux ou communautaires — de se rassembler autour des objectifs du recensement décennal. La ville a battu tous les records pour les déclarations de recensement remplies. Et l’Indiana figure parmi les cinq premiers états du pays.

La réussite

La ligue nationale des villes américaine (US National League of Cities) a reconnu Fort Wayne pour son leadership en matière d’intégration régionale des immigrants et pour sa capacité unique d’assurer que tant d’intéressés divers s’engagent dans son agenda municipal commun.

Fort Wayne est l’une des premières villes à être choisies pour participer au programme pilote distinctif de la NLC : Municipal Action for Immigrant Integration Project (MAII). On ne le trouvera donc pas surprenant qu’un élément clé du programme MAII — « The NewCITYzen Naturalization Campaign » — ait été spécialement conçu pour aider les villes à élaborer une stratégie en ce qui concerne la sensibilisation des immigrants avant le recensement de l’année 2010.

Comme l’a dit bien le maire Tom Henry : « Notre communauté a été enrichie par les talents, les compétences et les cultures de ceux qui s’y sont établis. Fort Wayne est plus fort et plus vivant grâce à cette diversité. C’est la marque de notre ville toute américaine et quelque chose dont tout le monde devrait être fier. »

Avoir réussi de cette façon à assurer que les nouveaux-venus soient comptés, donne un énorme soutien à l’ouverture et la transparence de cette nouvelle ville-porte face à un paysage urbain en évolution.

Ressources connexes :

Voir le Webinar de Villes de Migration : Making Integration Count: Local Gateways to Citizenship

Making it Work for You:

  • Apprendre quelles sont les forces de votre communauté et en profiter.
  • Prolonger les ressources limitées en étant conscient des programmes multi-niveaux et intersectoriels ainsi que de l'appui financier disponible.
  • Collaborer avec les autorités régionales, étatiques et nationales pour renforcer votre campagne et lui donner plus d'influence.
  • Pour atteindre l'entente interculturelle faut-il faire la connaissance de vos nouveaux voisins, leurs noms et leurs familles ainsi que leur histoire et leurs traditions. Ensuite vous pouvez partager les vôtres.

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Pour cette bonne idée, contacter:

Palermo Galindo, City of Fort Wayne
Planner - Hispanic and Immigrant Liaison
One East Main Street
Fort Wayne, Indiana, United States,
46802
260.427.6214
palermo.galindo (at) cityoffortwayne.org
http://www.cityoffortwayne.org/hispanic%11immigrant-liaison.html

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