Education

Marseille, France

École de la 2ème chance

Écoles de la deuxième chance

September 30, 2014

Associer les employeurs et la formation professionnelle à une occasion pédagogique peut aider les décrocheurs à se rebrancher sur la prospérité future

SecondChanceSchoolChaque année en France plus de 150 000 jeunes quittent l’école sans diplôme ni autre qualification professionnelle. Toutefois, à Marseille les jeunes marginalisés ne se considèrent pas perdus. Ils se préparent pour une deuxième chance.

« L’École de la 2ème chance » (E2C) de Marseille est la première à être établie et, depuis sa création fin 1997, elle a aidé près de 5 000 jeunes à trouver de l’emploi ou une formation professionnelle.

E2C répond aux besoins des jeunes adultes, âgés de 18 à 25 ans, sans diplôme ni autre qualification, qui pendant plus d’un an ne se sont pas scolarisés. Pour la plupart, ce sont des jeunes qui ont quitté le système scolaire trois ans avant de s’inscrire au programme. En moyenne, les étudiants E2C à Marseille sont âgés de 20 ans et partagés également entre les sexes ; ils représentent plus de 12 nationalités. Bien que le programme E2C ne vise pas particulièrement les jeunes immigrants ou ceux de minorités visibles, 11 % des participants sont nés à l’extérieur de la France dans de tels pays que l’Algérie, la Tunisie, le Maroc et les Comores.

L’école a pour mission de bien assurer l’intégration sociale et professionnelle des jeunes au moyen de l’éducation et de la formation. Le succès se mesure en fonction de l’emploi, la qualification professionnelle ou le diplôme obtenu ainsi que la formation professionnelle ou l’apprentissage effectué auprès d’un employeur. L’essentiel pour l’E2C, c’est d’empêcher que les jeunes souffrent de l’exclusion dans la société française et surtout sur le marché du travail. «  L’initiative vise à leur donner de nouvelles motivations, leur faire connaître le monde des affaires, les conduire à fixer leurs propres objectifs professionnels et les insérer sur le marché du travail » (Les Marseillais musulmans. Londres : Fondations pour une société ouverte, le programme Chez soi en Europe).

Enseignements locaux pour les décideurs politiques nationaux

Lancée en 1997, l’E2C à Marseille est un exemple par excellence de la façon dont la résolution de problèmes au niveau local et municipal peut contribuer à améliorer la prise de décision politique aux niveaux nationaux et internationaux. Ce modèle d’espérance a influé sur la création de dizaines d’autres programmes semblables à travers la France et l’Europe. Pour ce qui est de la France, les 42 écoles du réseau E2C ont plus de 110 sites dans 46 Départements, 18 Régions et 4 DOM-TOM (2012).

Les écoles E2C reconnaissent que le système éducatif classique n’a pas marché du point de vue de ces jeunes. Donc, les plans de formation, l’orientation professionnelle et les objectifs sont constamment réévalués et ajustés en cours de route pour mieux répondre aux besoins et au progrès particuliers de l’apprenant. En moyenne, chaque apprenant suit les programmes E2C pendant environ six mois et demi en tant que stagiaire et reçoit un salaire de formation professionnelle. L’approche pédagogique, unique et personnalisée, s’appuie sur cinq principes clés :

  • Adopter une approche holistique qui tient compte de la situation actuelle des jeunes.
  • Établir des partenariats avec des employeurs pour soutenir les initiatives de formation dès le début.
  • Donner la préférence à une facilitation d’apprentissage actif et informel plutôt qu’à celle d’un apprentissage passif.
  • Faire intervenir un large éventail de parties prenantes locales, régionales, économiques et sociales pour répondre à la réalité socio-économique de la zone concernée.
  • Reconnaître et accréditer les compétences acquises des jeunes adultes.

Approuvé par les étudiants, à qui il offre des possibilités de leadership, le modèle E2C marche bien. En 2010, l’E2C à Marseille a remporté le prix d’innovation pour avoir développé, dans le cadre du projet d’expansion régionale, une plateforme en ligne lui permettant de rejoindre encore plus de jeunes. L’association « Destination Chance », créée par les stagiaires de l’E2C, a pour but de promouvoir les diverses activités menées par les jeunes, telles que des projets à vocation sportive (le sport comme modèle d’inclusion), un réseau des anciens stagiaires, un échange commercial pour rester en lien avec des employeurs et bien d’autres activités relevant d’une approche qui privilégie la société civile et l’inclusion sociale.

Les employeurs ont bien compris et ils s’y engagent

Si l’on veut assurer l’insertion économique, il faut la participation des employeurs. C’est essentiel pour l’intégration des jeunes issus de l’immigration ou d’une minorité. En effet, sans les employeurs, cela ne va pas réussir du tout.

L’E2C travaille directement avec des employeurs et des entreprises dans l’espoir d’engager des partenaires commerciaux qui vont soutenir l’emploi, la formation et le mentorat des jeunes. Sont également critiques au succès du programme les relations de travail avec des organisations de promotion du commerce et des chambres de commerce ainsi que des réseaux de leaders économiques locaux et régionaux.

L’E2C est aussi signataire de la Charte de la diversité en France — un réseau croissant composé de la société civile et des acteurs gouvernementaux et commerciaux. Cet accent sur la diversité, dont le secteur privé s’est fait le champion, a eu des effets favorables à l’insertion économique des jeunes de l’E2C à Marseille. Selon les recherches du programme Chez soi en Europe (Les Marseillais musulmans), ce sont les employeurs qui ont réussi à donner au concept un tour positif. En milieu de travail, l’action publique s’est de préférence servie de la prévention et des stratégies d’enseignement pour lutter contre la discrimination avant d’inviter  leurs partenaires de la société civile à bien vouloir s’en charger. Il y a très peu de litiges concernant la discrimination ethnique et raciale dans le recrutement et au travail, mais les chartes sont nombreuses. Encore davantage depuis 2004-2005, quand le mot « diversité » s’est introduit sous un aspect positif, mettant en valeur une politique que jusque-là on a eu de la difficulté à faire accepter. Grâce au succès de ce nouveau terme, le mot « discrimination » a presque disparu des politiques publiques, aussi bien au niveau national qu’à Marseille.

Succès et un mouvement grandissant

Le concept de « l’école de la deuxième chance » a été adopté vers la fin de 1995 par la Commission européenne comme une arme éducative dans la lutte contre l’exclusion, ce qu’avait proposé antérieurement Édith Cresson quand elle était toujours commissaire. L’E2C à Marseille a été lancée en 1997 avec du financement européen, mais aujourd’hui elle en reçoit d’une variété de partenaires. C’est un exemple par excellence de la façon dont la résolution de problèmes au niveau local et municipal peut contribuer à améliorer la prise de décision politique aux niveaux nationaux et internationaux. Ce modèle d’espérance a influé sur la création de dizaines d’autres programmes semblables à travers la France et l’Europe.

L’E2C à Marseille était non seulement le projet pilote qui a entraîné la création de toutes les autres E2C en France mais aussi le membre fondateur du Réseau E2C France, ce qui regroupe actuellement 42 écoles, avec plus de 110 sites dans 46 Départements, 18 Régions et 4 DOM-TOM (2012).

Aujourd’hui, on peut constater l’impact collectif : en 2004, l’année de sa création, le réseau a acceuilli 1 428 jeunes ; en 2013, il en a accueilli 14 150. Donc, les E2C ont décuplé leur soutien des jeunes non qualifiés et au chômage ainsi que leurs efforts en faveur de l’insertion professionnelle et de la durabilité sociale.

Reconnues par la loi depuis mars 2007, les E2C font maintenant partie intégrante du système institutionnalisé de formation professionnelle et sont permis de remettre une « attestation de compétences acquises ». Leur financement provient de diverses sources, y compris de l’UE et des gouvernements au niveau régional ou national.

Making it Work for You:

  • Pour développer des programmes visant l'insertion sociale des jeunes, il faut une approche multidisciplinaire et intersectorielle aussi bien qu'une vision à long terme.
  • Des stratégies d'apprentissage informelles et personnalisée s'avèrent plus efficaces pour les jeunes marginalisés que l'approche « universelle » des modèles classiques.
  • Il faut sortir des sentiers battus pour trouver des idées innovatrices et de nouvelles approches envers de vieux problèmes. Dans le cas de l'E2C, les employeurs et les éducateurs ont ensemble cherché le meilleur chemin à suivre.
  • L'approche « diversité dès la conception » peut assurer que les programmes sont ouverts et satisfaisants à tous les jeunes.

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Pour cette bonne idée, contacter:

Réseau des Ecoles de la 2e Chance en France
32 rue Benjamin Franklin – CS 10175 -51009 Châlons-en-Champagne Cedex
Marseille, France,
http://www.reseau-e2c.fr/contact

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