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Gand, Belgique

Le projet Jeunes Ambassadeurs

Bureau des services de l'intégration, Ghent

November 25, 2014

Des jeunes issus de l'immigration se racontent les chemins qui les ont menés au succès et les défis qu'ils ont dû relever

Un maire, un boxeur et un évêque s’introduisent dans une vidéo hip-hop … . Cela a l’air d’être le début d’une blague. Mais dans la ville belge de Ghent, c’est plutôt l’aboutissement de quelques efforts exceptionnels de sa part pour se rendre plus accueillante et plus inclusive. La vidéo, lancée à l’occasion de sa campagne « Journée contre le racisme », n’est que l’un des 10 points de son plan d’action antidiscriminatoire. Le projet innovant « Jeunes Ambassadeurs » a aussi aidé la ville à faire avancer sa stratégie.

Une histoire de l’intégration

La prospérité actuelle de Ghent doit beaucoup à son passé industriel et aux vagues d’immigrants qui ont tant contribué à alimenter la croissance de la ville. Selon Marc Van Acker, responsable du Bureau des services de l’intégration, « Ghent a toujours essayé de se promouvoir comme une ville hospitalière pleine d’opportunités pour les immigrants qui s’y trouvent. Cette politique traduit autant qu’elle catalyse le désir d’une société civile vivace que Ghent soit une ville chaleureuse et accueillante. Il se trouve donc dans la ville comme une tendance historique à être inclusive. »

Aujourd’hui, Ghent abrite plus de 150 nationalités. Compte tenu du fait que « c’est très important de bien intégrer ces nouveaux arrivants  à la société », les leaders municipaux s’emploient à assurer que la ville continue à y réussir et qu’elle puisse servir de modèle pour d’autres en ce qui concerne l’intégration.

C’est de là que viennent des programmes tels que « Faire de l’intégration à Ghent une réalité », grâce auquel des nouveaux arrivants sont, pour faciliter leur intégration, jumelés avec des entraîneurs locaux. Un engagement à bien faire l’intégration veut dire en outre qu’on est prêt à regarder à l’extérieur. En septembre 2013, l’université de Ghent a organisé une conférence internationale de recherche sur les problèmes de la ségrégation et de l’inégalité dans les écoles en Europe et en Amérique du Nord. Un peu plus tard, en novembre, la ville a été l’hôte de la conférence annuelle d’EUROCITIES, dont le thème choisi était « Smart citizens » [citoyens avertis].

Et puis il y a le projet Ambassadeurs.

Miser sur la jeunesse

Depuis 2006, au moyen du projet « Latent Talent : Ambassadeurs », la ville a cherché à améliorer les conditions de travail locales pour les jeunes immigrants de deuxième et troisième générations. Cette approche vise bien plus que de simplement réduire le nombre de chômeurs parmi les jeunes ; elle signifie que la ville entière s’efforce de devenir un endroit où tous les immigrants et leurs familles vont se sentir inclus. L’objectif à long terme, c’est de changer les attitudes, les stéréotypes et les perceptions locales.

Selon monsieur Van Acker : « Le projet Ambassadeurs est important à différents niveaux. Il s’attaque à ce grand nombre de préjugés et d’idées fausses encore largement répandus au sujet des immigrants que tiennent toujours certains leaders de la société, y compris les enseignants et les employeurs. En même temps, le projet sert de puissant motivateur pour les jeunes immigrants, qui sont bien trop souvent déçus ou démotivés. Les Ambassadeurs exhortent la société d’offrir des opportunités aux immigrants et ces derniers [les jeunes] d’en saisir. Ils constituent un rappel constant que nous avons encore du travail difficile à faire. Dans la lutte contre le racisme, il ne suffit pas d’en parler du bout des lèvres. »

L’objet de cette vision à long terme, c’est une ville qui se perfectionne et devient plus prospère pour tous. Le projet Ambassadeurs en est un élément-clé.

Qui sont les Ambassadeurs ?

Les Ambassadeurs sont des jeunes bénévoles immigrants qui ont surmonté des obstacles et ont réussi à trouver un emploi. Ils partagent leurs histoires concernant l’école et la route peu facile qui les a menés au succès sur le marché du travail. Et ils ne parlent pas simplement à des jeunes. Ils se présentent et s’adressent aussi à des enseignants, des parents et des employeurs ainsi qu’à d’autres organisations dans la ville. Jusqu’ici, ils ont parlé à plus de 3 200 personnes, qui ont réagi positivement à l’initiative.

Ilse Neyrinck, conseiller politique pour la participation : « Chacun de ces groupes et chaque individu qui en fait partie peuvent contribuer à améliorer la situation des jeunes immigrants sur le marché du travail. Les jeunes ont besoin d’être motivés de ne pas renoncer mais au contraire de s’inscrire à l’école et d’obtenir tout au moins un diplôme secondaire. Faire la rencontre d’un modèle de comportement qui provient de la même communauté — qui a réussi — c’est important … . Lorsque les employeurs/recruteurs entendent encore une histoire de succès — en dépit de toutes les difficultés — ils commencent à y voir l’individu au lieu de l’« immigrant ». L’image qu’ils se font du groupe s’améliore, et à l’avenir ils ne verront plus l’« immigrant » mais la personne cachée sous le stéréotype.»

Le projet Ambassadeurs démontre bien ce qu’il faut faire pour permettre aux jeunes de raconter leurs expériences, leurs défis et leur succès.

« Quant à eux, ils s’enrichissent de l’expérience, cela renforce leurs aptitudes sociales. En plus, ils font la connaissance de beaucoup de gens intéressants, de partenaires même, » dit madame Neyrinck. « Grâce à ce projet, leur réseau social s’élargit. Les bénévoles reçoivent un entraînement individuel, et on organise des rencontres de groupe où ils peuvent partager leurs expériences et en discuter. »

Succès

En 2012, le projet est devenu une partie du Bureau des services de l’intégration à Ghent, et on a commencé à en faire la promotion ailleurs. Pour favoriser la reproduction de cette bonne idée, la ville a créé un plan de formation qui se concentre sur deux ambassadeurs racontant leurs propres histoires. Y sont inclus une série de tâches et d’exercices et, en DVD, sept courts métrages à propos du projet. Le site web consacré au sujet, « Gant, stad in werking », fournit des liens vers trois des vidéos.

Du point de vue de Ghent, la prospérité future dépend d’être reconnu comme une ville accueillante, et c’est ça qu’il faut faire comprendre aux autres communautés. D’après Marc Van Acker : « C’est essentiel  au développement de toute ville qu’elle ait la réputation d’être hospitalière. Au long de l’histoire, un climat d’ouverture s’est révélé être une force d’attraction pour les investisseurs et les innovateurs, qu’ils soient sociaux, culturels ou économiques.

Making it Work for You:

  • Un signe clair de l'engagement des leaders d'une ville à l'égard de l'intégration, c'est d'y adopter une approche réussie et de l'insérer dans le courant principal de la prestation et la programmation de services municipaux.
  • C'est en racontant des histoires et en aidant des groupes marginalisés à se faire entendre qu'on peut jeter un pont entre des communautés et réaliser un objectif commun.
  • Il ne faut pas simplement demander à des communautés marginalisées de raconter leurs histoires. Il faut collaborer tout d'abord avec eux et leur offrir une formation et des opportunités de perfectionnement. En faire une initiative où on prend un rôle actif et où on mise sur l'intervention.

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Pour cette bonne idée, contacter:

Ilse Neyrinck , Integration Service
Kaprijkestraat 12
Gent , Belgium,
9000
ilse.neyrinck(at)gent.be
http://www.gent.be/eCache/THE/1/761.html

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