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New Haven, États-Unis

Citoyens urbains : Cartes d’identité municipales (ID) pour la sécurité des communautés et leurs sentiments d’inclusion

New Haven Mayors Office

March 24, 2011

Citoyens urbains : Cartes d'identité municipales (ID) pour la sécurité des communautés et leurs sentiments d’inclusion

Voici un gouvernement municipal proactif qui est le premier du pays à reconnaître les intérêts de tous les résidents.

Afin de se rendre à une pharmacie pour faire exécuter une ordonnance ou à une banque locale pour ouvrir un compte ou à tout autre service public (y compris la bibliothèque, pour obtenir une carte), on doit présenter une forme d’identification – une chose qui manque à de nombreux immigrants.

Voulant surmonter cet obstacle, le maire de New Haven, John DeStefano, a pris l’initiative de demander à la ville d’approuver une carte d’identification municipale, unique en son genre. La carte est disponible pour tous les résidents, peu importe leur statut de citoyenneté.

La carte Elm City Residence (nommée pour les arbres qui jadis dominaient le paysage de la région) a été lancée en juillet 2007. Sa raison d’être a été de s’adresser à certaines préoccupations de la communauté immigrante, parmi lesquelles : la sécurité publique, l’accès aux services financiers, l’accès aux services gouvernementaux, et la connaissance des droits civiques et individuels.

La carte ne peut pas être échangée contre un permis de conduite ni un visa. Toutefois, ce qu’elle fait, c’est prouver que les titulaires sont des membres à part entière de la société civique.

Le contexte…

Dans la ville de New Haven, entre les années 1990 et 2000, le nombre de résidents nés à l’étranger a augmenté de 43 pour cent. Actuellement, il y a 127 288 résidents, dont 17 pour cent nés à l’étranger. Comme c’est le cas dans le reste de l’état, les résidents venant d’Amérique latine sont dans la majorité, à 38 pour cent. En plus, on estime qu’il y a entre 10 000 et 15 000 immigrants sans papiers, ce qui veut dire que près de 10 pour cent de la population est composé de résidents sans statut. Quelque chose de pratique pour satisfaire aux besoins de la communauté …

L’augmentation rapide du nombre d’ immigrants dans la ville a été accompagnée de certains défis et certaines opportunités, surtout en ce qui concerne les sans papiers. Ceux-ci se heurtent aux mêmes obstacles que tous les immigrants (barrières linguistiques, différences culturelles, obstacles à l’éducation et aux salaires de base), mais leur manque de statut peut causer des problèmes particuliers, y compris des entraves aux institutions financières, la persécution, des escroqueries promettant la citoyenneté et d’autres situations touchant à la qualité de vie.

Souvent c’est la peur des autorités qui s’est imposée dans les communautés immigrantes. John Jairo Lugo, président du groupe local des droits des immigrants, Unidad Latina en Accion, a dit que les sans papiers ne veulent pas dénoncer les délits parce que trop souvent, ne pouvant pas s’identifier, ils deviennent eux-mêmes l’objet de suspicions. « Notre communauté a toujours été la cible d’agressions, » selon Lugo, « mais sans une pièce d’identité en anglais c’est presque impossible d’être considéré innocent. Si on est interpellé par la police, on peut rester des jours ou des mois en prison à moins de trouver une pièce d’identité correcte. »

L’un des rédacteurs du projet Elm City, Liam Brennan, a dit que les immigrants sont, d’une façon disproportionnée, les victimes fréquentes de vol et d’agression à domicile, puisqu’ils sont pour la plupart payés en espèces et ne peuvent pas verser leur salaire à un compte, les banques locales insistant, pour ouvrir un compte, sur un permis de conduite ou un numéro de sécurité sociale que les non-citoyens ne peuvent pas obtenir. Par contre, plusieurs banques sont maintenant d’accord pour accepter la nouvelle carte d’identité municipale. Munis d’un compte en banque et d’une pièce d’identité correcte, on espère que les immigrants seront en même temps « plus aptes à dénoncer un délit et moins aptes à en être la victime. »

Cependant, l’un des défis du programme reste que les immigrants hésitent toujours à se procurer une carte, craignant de se rendre plus vulnérables aux autorités d’immigration. Il est estimé que seulement un immigrant sur cinq va en faire la demande. Et ceux qui se décident à le faire se trouvent souvent harcelés par ceux qui s’opposent au programme.

Vendre l’idée…

La ville de New Haven a attiré un soutien important pour le programme en soulignant ses mérites pratiques plutôt qu’idéologiques. Selon le président du conseil, Carl Goldfield, la carte Elm City se veut « surtout une mesure pragmatique, à bénéficier la ville entière. Du point de vue de la santé et la sécurité publique, cela n’a aucun sens que près de 10 000 résidents aient peur de chercher de l’aide médicale ou de dénoncer un délit simplement parce qu’ils sont sans papiers. » L’autre tactique, a été d’insister sur l’attrait général de la carte. Comme telle, on ne la soupçonnerait pas d’avoir été conçue pour plus facilement attraper les sans papiers, et la population dans son ensemble la trouverait pratique et facile à utiliser.. Par conséquent, on l’a présentée comme étant une pièce d’identité commode pour les lycéens (n’ayant pas encore reçu un permis de conduite) et pour les personnes âgées (dont le permis n’est peut-être plus valide) ainsi que son côté « fonctions multiples ». À propos de la carte…

Sur la carte on trouve une photo du résident, son nom, son adresse, sa date de naissance, sa signature ainsi que les dates d’inscription et d’échéance. Chaque carte se distingue par un numéro à neuf chiffres. On peut l’utiliser aussi comme carte de bibliothèque (il y a six bibliothèques municipales). La carte donnée aux adultes porte à l’envers une puce électronique permettant au titulaire de la charger d’un maximum de 150 $, de quoi payer les parcmètres et les garages et faire l’achat d’articles à quelques 50 magasins y prenant part. La carte donne libre accès au centre de recyclage, et pour la plage publique et le terrain de golf, le titulaire ne paie que le taux de résident. Plus récemment, on l’a utilisé pour déterminer l’admissibilité du titulaire à un programme de travaux publics qui se préoccupe de l’élimination d’un grand nombre de produits électroniques et de la vaccination antigrippale offerte à l’hôtel de ville.

Il y a aussi une carte pour enfants. Les parents ou les gardiens ont le choix d’y faire mention de la personne à contacter en cas d’urgence et de toute indication d’allergie.

Making it Work for You:

  • S'identifier à une municipalité peut fournir le sentiment d'y appartenir et donc faciliter l'intégration sociale et économique.
  • Tous les résidents d'une ville, peu importe leur statut d'immigration, peuvent contribuer au commerce local et manifester d'autres instances d'engagement dans la vie civique.
  • Permettre à tous les résidents l'accès aux services publics, soit à la bibliothèque soit aux parcs municipaux, ne peut que renforcer leur capacité de faire partie intégrante de la communauté.

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